De l'objet journal à l'ethnographie / auto-ethno-bio
| Lune |
Intériorité,
auto-observation, attention portée sur mes propres états
émotionnels...Des attitudes en conformité avec une assignation de
naissance au genre "femme". Si l'objet journal a contribué à me
fabriquer en tant que telle, nul doute que cette tendance au recueil
de données a aussi fait autre chose. L'objet journal a participé à la
fabrication d'une chercheuse. Plus particulièrement, une ethnographe. De
celles qui partent de l'expérience du terrain, apprennent par et pour lui, dans l'espoir de pouvoir un jour lui réinsuffler un peu de ce qu'il a offert en terme de données observables.
Ce
terrain, c'est l'expérience humaine. C'est nous qu'il s'agit de
regarder, peu importe de quel endroit du monde et dans quelle communauté
spécifique. C'est de nos existences dont il est question. Je crois
qu'il n'est rien de plus passionnant pour mes sens que de voir le monde
s'agiter. Les interactions humaines ont cela de fascinant qu'elles se
prêtent à interprétations, qu'elles peuvent se voir traverser
d'hypothèses que l'on peut (tenter de) vérifier. Mais l'aboutissement
est bien moins important que le processus d'enquête, d'analyse. Car en
même temps que les liens cognitifs se tissent, entre des concepts
scientifiques et des données récoltées, ça bouge à l'intérieur. Des
choses se construisent, d'autres s'écroulent, certaines se fortifient.
Le chercheur en sociologie, tel que je le conçois, n'est pas cet être immobile, neutre et intouchable. Le chercheur est heurté de plein fouet par une réalité qu'il a choisi de regarder en face et à laquelle il décide, de son plein gré, de se confronter. Quand ça fait mal, peur, ou que c'est inconfortable, c'est la blouse elle-même qui se met à l'épreuve. Il n'est plus question d'espérer incarner une position d'impassibilité, l'enjeu est celui d'arriver à accueillir le plus amplement possible la réalité, et cela, avec toute notre vulnérabilité. La chair à vif s'il le faut. Position quasi-sacrificielle ? Surtout très expérientielle. Pour embrasser la démarche ethnographique, je crois qu'il faut profondément aimer mettre la vie à l'intérieur de soi à l'épreuve : l'agir, l'incarner, la performer, la provoquer, la pousser dans ses retranchements. Et puis, aussi, savoir opérer des mouvements de recul : se retourner sur ou dans soi, à répétition. Histoire de prendre le temps d'observer d'un peu plus loin ce beau spectacle vivant, tantôt chaotique, tantôt rempli d'espoirs.
Ainsi ouvrais-je mon carnet d'ethnographe (en herbe).
NB : Je me réserve ici le droit d'écrire des choses floues voire incompréhensibles, bref : non encore abouties. Si je l'écris, c'est comme pour exorciser un peu de ce syndrome qui me dit : imposteur !
Le chercheur en sociologie, tel que je le conçois, n'est pas cet être immobile, neutre et intouchable. Le chercheur est heurté de plein fouet par une réalité qu'il a choisi de regarder en face et à laquelle il décide, de son plein gré, de se confronter. Quand ça fait mal, peur, ou que c'est inconfortable, c'est la blouse elle-même qui se met à l'épreuve. Il n'est plus question d'espérer incarner une position d'impassibilité, l'enjeu est celui d'arriver à accueillir le plus amplement possible la réalité, et cela, avec toute notre vulnérabilité. La chair à vif s'il le faut. Position quasi-sacrificielle ? Surtout très expérientielle. Pour embrasser la démarche ethnographique, je crois qu'il faut profondément aimer mettre la vie à l'intérieur de soi à l'épreuve : l'agir, l'incarner, la performer, la provoquer, la pousser dans ses retranchements. Et puis, aussi, savoir opérer des mouvements de recul : se retourner sur ou dans soi, à répétition. Histoire de prendre le temps d'observer d'un peu plus loin ce beau spectacle vivant, tantôt chaotique, tantôt rempli d'espoirs.
Ainsi ouvrais-je mon carnet d'ethnographe (en herbe).
NB : Je me réserve ici le droit d'écrire des choses floues voire incompréhensibles, bref : non encore abouties. Si je l'écris, c'est comme pour exorciser un peu de ce syndrome qui me dit : imposteur !
D'un imposteur à Lune. Je n'ai pas dit à l'autre car d'un imposteur tu n'as rien. Si tantôt tu es autre par un jeu qui te masque, Lune ou l'autre toujours tu es sincère. Sous ton loup, tu scrutes le monde et me renvoies tes rayons qui tels des lucioles animent mon esprit. J'apprends beaucoup de tes recherches et je vais continuer à te lire avec la même attention que d'habitude. Merci pour ce blog.
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