La souffrance des proches, extraits incarnés / institution p
Luke Shadbolt Mardi 03 août 2021 – 22:57 Tous les jours, depuis le 12 avril, je porte un peu le poids de la misère. La misère de notre monde. Le poids de nos insuffisances criantes, de nos lacunes béantes, je porte le poids de tout ce qu’il nous manque, de tout ce qu’on a mais pourtant qu’on ne mobilise pas, de tout ce qu’on ne veut pas bouger, de tout ce qu’on préfère laisser, même au prix que ça coûte. Je parle du prix de la vie. Le poids du : « Je sais pas quoi faire », « Je sais PLUS quoi faire ». A qui parler, à qui demander de l’aide ? A qui dire ma détresse, et la sienne, à qui signaler ? Qui est seulement là pour écouter et qui a le pouvoir d’agir ? Ne peut-on vraiment rien faire ? Doit-on juste se laisser mourir ? Est-ce qu’on doit accepter l’idée de la mort en prison comme simple éventualité ? Est-ce que la souffrance et la mort en prison c’est juste « quelque chose qui arrive » (un suicide tous les deux à trois jours, 6 fois plus qu'en population générale, dit l'O...